Haute pression : brumisation et lavage

Lorsqu’il reconstruit son bâtiment gestantes suite à un sinistre, Gilles Plouzennec, naisseur-engraisseur à Gouézec (29), décide de l’équiper d’un système de brumisation dont il utilise également le groupe haute pression pour le lavage.

Julien Bideau, Technicien Cultivert Carhaix, Philippe Allioux, TC Hydroclean, Jacques Cosmao, TC Cultivert Quimper-Quimperlé, Laurence et Gilles Plouzennec

Le fonctionnement de la brumisation est géré par un automate

Julien Bideau, Technicien Cultivert Carhaix, Philippe Allioux, Technicien Hydroclean, Jacques Cosmao, Technicien Cultivert Quimper-Quimperlé, Laurence et Gilles Plouzennec, devant le nouveau bâtiment gestante en fonctionnement depuis la mi-juillet.

« L’année de la canicule, les gestantes étaient logées dans un bâtiment ancien où la température est montée jusqu’à 38°C ! J’ai perdu 15 truies en un week-end… »,

explique Gilles Plouzennec.

« Avec ce nouveau bâtiment, je voulais absolument prévenir ce risque. Car même si ces chaleurs extrêmes sont bienheureusement rares, je ne veux pas subir encore une telle hécatombe. »

Le fonctionnement de la brumisation est géré par un automate (horaires de fonctionnement, fréquence, seuils…). Pour le lavage, il suffit de passer en mode « manuel » et d’ouvrir la vanne du circuit dédié.

Il a donc visité plusieurs élevages équipés des deux systèmes de refroidissement les plus courants : le « cooling » et la brumisation. Son choix s’est finalement arrêté sur la seconde solution. « Les deux budgets se tenaient, mais le « cooling » m’a semblé présenter plus d’inconvénients au regard de mon projet. Il nécessite tout d’abord une surface d’entrée d’air très importante. Et la diminution de température obtenue (environ 3°C) aurait été deux à trois fois moins importante qu’avec une brumisation. »

Deux en un

Deux descentes au niveau de chaque couloir (long de 50 m) permettent de brancher un flexible et une lance pour le nettoyage haute pression.

L’autre avantage du système de brumisation proposé par Cultivert et fabriqué par la société Hydroclean, c’est de pouvoir coupler, sur le même groupe haute pression, un circuit de lavage. Si bien que Gilles, pour un coût supplémentaire restreint, dispose, en plus de la brumisation, d’une centrale de nettoyage haute pression. Et d’apprécier la praticité d’un poste fixe, car

« ici, chaque case du bâtiment gestantes est systématiquement nettoyée entre deux lots ».

La surface du nouveau bâtiment gestante approche les 1 000 m2, pour un total de 290 places réparties en lots de 6 truies
Dotées d’un système anti-goutte et facilement nettoyables sans outil, les buses tout inox envoient la brume au travers d’un orifice de diamètre 0,4 mm.
Le fonctionnement de la brumisation est géré par un automate. Gilles l’a programmé pour une mise en route à 28°C, température à partir de laquelle les truies commencent à ressentir un inconfort.

La surface du nouveau bâtiment gestante approche les 1 000 m2, pour un total de 290 places réparties en lots de 6 truies. Les deux canalisations (brumisation+lavage) surplombant les deux couloirs ont été fixées sur un câble tendu qui évite ainsi toute vibration. Une buse est orientée vers chaque case.

Dotées d’un système anti-goutte et facilement nettoyables sans outil, les buses tout inox envoient la brume au travers d’un orifice de diamètre 0,4 mm. Deux filtres de 20 et 5 microns, installés en amont du groupe, font barrage aux impuretés susceptibles de les boucher.

Un équipement robuste

Pour une résistance maximale, notamment aux désinfectants, les deux réseaux de canalisations distribuant l’eau sous haute pression (brumisation+lavage) sont conçus en inox 316L ou inox « de qualité marine ».
L’entretien du groupe est exactement le même que pour une pompe de lavage classique, notamment une vidange toutes les 300 heures.

« Comparé au cooling, c’est très facile, puisque tout l’équipement est apparent »,
explique Gilles Plouzennec.

Le lavage (26 l/min) nécessite une pression de 150 bars, alors que pour la brumisation, il suffit de 80 à 100 bars. Le changement de pression se fait automatiquement lorsqu’on bascule d’un réseau à l’autre. Le groupe est équipé d’une pompe CAT et d’un moteur Siemens, deux marques réputées pour leur robustesse et leur longévité.

« Ce n’est pas tant pour le nombre d’heures de fonctionnement que nous avons fait ce choix, mais plutôt au regard de la fréquence des redémarrages »,
explique Philippe Allioux d’Hydroclean.

Et quand bien même surviendrait une panne, le constructeur a prévu de pouvoir brancher n’importe quel groupe mobile haute pression sur le système pour pouvoir assurer temporairement la continuité de la brumisation.

Une solution d’urgence appréciée par l’éleveur.

La brumisation pour le refroidissement, et plus encore !

La sonde hygrométrique du système de brumisation est située au niveau de l’entrée d’air.

La sonde hygrométrique du système de brumisation est située au niveau de l’entrée d’air. Quant à la sonde de température, elle est placée au milieu du bâtiment, tout près de celle du boîtier de régulation de la ventilation.

Le principe de la brumisation pour le refroidissement est simple : en s’évaporant, les gouttelettes d’eau consomment de l’énergie, faisant ainsi baisser la température de l’air ambiant. Plus les gouttelettes sont fines, plus la surface d’échange avec l’air est importante et plus l’évaporation sera rapide. Les minuscules gouttelettes d’eau produites par le système de brumisation haute pression Hydroclean présentent un diamètre de 5 à 10 microns. On estime qu’il leur faut environ une seconde pour s’évaporer.

Outre le refroidissement, ce procédé est également utilisé, dans d’autres conditions, pour la désinfection de bâtiment, le traitement des odeurs, le trempage, ou encore pour le traitement collectif des animaux par voie respiratoire.