Contention, sécuriser les manipulations

À l’EARL du Bois au Bé, on se prépare à l’arrivée d’une nouvelle associée : Adeline, la fille de Didier Yon. L’occasion d’installer un parc de contention, pour améliorer la sécurité et l’efficacité lors des manipulations sur les animaux.


De gauche à droite : Patrick Briens (Cultivert de Lamballe), Didier et Adeline Yon, et Flamme 2, lauréate des Terralies 2012 et présentée au SIA 2013..

C’est après 10 ans passés dans le privé, comme responsable qualité de l’abattoir de Kermené, qu’Adeline Yon décide de rejoindre son père sur l’élevage familial de Trébry (Côtes d’Armor), en remplacement de sa mère partie en retraite. Tous deux partagent le même goût pour la génétique et particulièrement la sélection de reproductrices limousines. Pour Didier, par ailleurs maire de Trébry (800 habitants) et président de la section bovine de Triskalia, l’arrivée de sa fille lui permet de redynamiser l’élevage. Cela passe notamment par plusieurs concours en 2012 et 2013. Ainsi, Flamme 2 a obtenu le Prix de championnat des jeunes femelles aux Terralies 2012, mais elle a surtout été présentée au SIA 2013. Dans ce contexte très favorable, Didier souhaitait améliorer la sécurité de l’élevage, pour que sa fille puisse intervenir seule et en sécurité auprès des 75 vaches du troupeau. Après avoir visité deux élevages équipés, à Plourin Lès Morlaix et Ploerdut, il contacte Culti-Vert pour créer un parc de contention sur-mesure.

Chicane et demi-lune

« Le parc que nous avons imaginé pour l’élevage du Bois au Bé vient se greffer sur le couloir d’accès à la pâture, explique Patrick Briens, du Cultivert de Lamballe. Il se compose d’une demi-lune, d’une chicane, d’un couloir de contention et d’intervention et enfin d’une porte de tri ».

Depuis la demi-lune, les bêtes sont poussées vers le couloir de contention et une chicane les empêche de reculer. Le couloir, long de 5 m, permet d’intervenir sur deux vaches simultanément.

« L’une des particularités du couloir, c’est que les parois peuvent basculer, indique Patrick Briens, ce qui permet d’intervenir directement et en toute sécurité sur les animaux. »

La porte de tri débouche sur une cage de contention ou une cage de pesée. Didier a fait appel à une entreprise de maçonnerie (CRD Berthelot à Dolo) pour disposer les poteaux et couler la dalle. Il s’est ensuite chargé de l’installation du parc avec sa fille Adeline et son employé Daniel.

Sécurité et praticité

Long de 5m, le couloir de contention débouche sur une porte de tri, derrière laquelle une cage de pesée peut être installée.

« Pendant très longtemps, je me suis débrouillé tout seul. Avec l’arrivée d’Adeline, il était nécessaire d’améliorer la sécurité sur l’élevage, »

explique Didier Yon.

« Le parc de contention que nous avons installé est pratique et sécurisé : pratique grâce aux passages d’hommes, aux volets basculants du couloir et au marchepied qui permet de travailler en hauteur sur les animaux. On est également sécurisés par les panneaux de tôle pleins et la zone centrale, inaccessible aux animaux. »

Et sa fille Adeline de poursuivre :

« Une seule personne suffit désormais là où il fallait être deux auparavant. Et on peut gérer immédiatement les opérations délicates qu’on avait tendance à repousser au lendemain. »

Sur l’élevage du Bois au Bé, le parc de contention montre son utilité dès qu’il s’agit d’intervenir sur les animaux ou de les séparer : prophylaxie, échographie, sexage, sevrage, parage, bouclage, pesage et embarquement. Pour l’éleveur, le vétérinaire ou le transporteur, c’est un gain de temps et de sécurité. Ainsi, Adeline poursuivra sereinement le savoir-faire de la famille en matière de sélection de limousines depuis trois générations.

Exploitation

  • EARL du Bois au Bé (Trébry – 22)
  • 100 ha dont 13 ha de maïs et 15 ha de céréales
  • 75 vaches allaitantes de race limousine
  • Système herbager
  • Élevage de sélection