Gagner du temps grâce à la micro-méthanisation

L’EARL des Fromentoriaux, située dans le Morbihan, a mis en place une unité de micro-méthanisation. Elle valorise ainsi le lisier produit par les 120 vaches de la Société Civile Laitière du Terroir auquel il appartient et se libère du temps.

Fabrice Bernard (à gauche) a suivi et conseillé Fabrice et Josiane Sablé (au milieu et à droite) tout au long de leur projet.

« Nous économisons 4 heures de travail par semaine », annonce Fabrice Sablé, éleveur sur la commune de Guilliers dans le Morbihan.

Le producteur et sa femme, Josiane, ont choisi la micro-méthanisation sur leur exploitation pour stocker plus facilement les déjections de la ferme et ainsi gagner du temps.

Ils consacrent seulement un quart d’heure par jour à la surveillance du bon fonctionnement de l’unité fabriquée par l’entreprise Biolectric et mise en route en décembre dernier.

« Avant, nous devions vider la fumière tous les 8 jours car elle était de petite taille. Il devenait impossible de stocker le fumier mou des 120 vaches laitières », souligne Josiane.

De plus, avec les nouvelles mises aux normes, construire une fosse supplémentaire était devenu indispensable. « Au sein de notre élevage, le projet méthanisation nous a donc aidé à résoudre la contrainte de stockage des effluents », explique l’éleveur.

L’unité de méthanisation construite par Biolectric a une puissance de 33 kW*.

« Nous sommes autonomes »

La construction de la méthanisation a donc aussi permis de subventionner dans le même temps la mise en place d’une lagune pour le stockage du digestat. Elle est dotée d’une couverture semi-flottante pour protéger les produits stockés.

« Nous gagnons en capacité de stockage et nous avons moins de perte due à la volatilité », affirme l’éleveur.

Pour mettre en place la micro-méthanisation, les associés se sont entourés de de Fabrice Bernard, technicien Cultivert, et Mathieu Dufour, responsable méthanisation à Capinov (filiale Triskalia).

« L’installation a été très simple au niveau administratif grâce aux bons conseils que nous avons recueillis », s’enthousiasme Fabrice S.
« Nous n’avons pas de transport de matière hors exploitation et nous sommes autonomes ».

Concernant la puissance de l’installation,

« elle doit être choisie en fonction du nombre de vaches présentes, donc de la quantité de lisier produite par jour », explique Fabrice B.

« Pour une puissance de 33 kW* comme sur l’EARL des Fromentoriaux, nous pouvons aller jusqu’à 12 m3 de lisier par jour, ce qui correspond à un troupeau de 150 vaches laitières. Au-delà et jusqu’à 200 animaux, le choix doit plutôt se porter sur une puissance de 44 kW* ».

Un produit moins odorant

La micro-méthanisation fonctionne grâce à l’apport de lisier uniquement. Dans le méthaniseur, une fermentation anaérobie transforme la matière en digestat ensuite épandu sur les cultures.

« Ce produit est moins odorant, ce qui donne une bonne image de la méthanisation. De plus, l’azote est plus disponible que dans le lisier», déclare Josiane.

« Nous injectons 11 m3 de lisier par jour. Il est poussé dans une pré-fosse à l’aide d’un raclage automatique puis envoyé dans la cuve de méthanisation grâce à une pompe », ajoute Fabrice S.

Ainsi, il y a toujours la même quantité de substrat dans le méthaniseur. Des mesures sont effectuées sur les valeurs d’entrées et sorties : elles concernent les quantités et la qualité des matières.

En plus du digestat, la méthanisation produit également de l’électricité, vendue à EDF, ainsi que de la chaleur. Cette dernière est valorisée grâce à un système de séchage polyvalent.

« L’unité peut sécher 200 kg de luzerne par jour, difficile à garder intacte lorsqu’elle est fanée car les feuilles tombent. Avec le séchage en grange, les feuilles restent sur les tiges, d’où un produit propre et une très bonne valeur alimentaire », détaille Fabrice S.

Les cultures semences produites sur l’exploitation sont aussi séchées grâce à ce procédé.

Le séchage en grange valorise la luzerne distribuée aux vaches laitières.

*kW : KiloWatt

Société Civile Laitière du Terroir

  • 3 associés : Fabrice Sablé, Josiane Sablé et David Lorand
  • 1 200 000 litres de lait
  • 120 vaches laitières de race Prim’Holstein
  • 2 robots

L’EARL des Fromentoriaux

  • 120 vaches laitières de race Prim’Holstein
  • 1 200 000 litres de lait produit
  • 2 robots
  • Société Civile Laitière avec un troisième associé : David Lorand
  • Producteurs fermiers Bleu Blanc Cœur
  • Production de glaces à la ferme
  • SAU : 132 ha :
    • 50 ha de céréales
    • 30 ha de maïs
    • 30 ha d’herbe
    • 7 ha de petits pois
    • 6 ha de féverole multiplication
    • 5 ha de luzerne
    • 4 ha de pomme de terre consommation