Des solutions contre les rats et les souris

Dans une exploitation agricole, il existe de nombreux nuisibles. Les rats et souris ne sont pas des plus faciles à combattre. Il existe aujourd’hui des solutions efficaces et durables. Reportage à Hénansal.

Maryvonne Baudet et Annie Bourret

Maryvonne Baudet passe en revue les points de pose des postes d’appâtage avec Annie Bourret, responsable technique au sein de la société Myriad sous l’œil avisé de Pascal Le Clerc du Culti Vert de Lamballe.

Maryvonne et Jean-Yves Baudet produisent du lait, de la viande bovine et du porc à Hénansal dans les Côtes d’Armor avec leur fils Vincent.

« Nous avons en moyenne 180 bovins présents sur l’exploitation et 120 truies naisseur-engraisseur »

déclare Jean-Yves.

Une exploitation bretonne des plus normales dans laquelle on peut rencontrer des rongeurs, attirés par la nourriture. Si le chat est bien présent et joue son rôle, il ne suffit pourtant pas à éradiquer le problème des rongeurs dans une ferme.

« C’est moi qui dépose les appâts et surveille régulièrement les consommations. Je suis très vigilante sur ce point »

explique Maryvonne.

C’est pour cette raison que Pascal Le Clerc a choisi les exploitants pour une visite conseil proposée par la société Myriad avec proposition de solutions à la clé.

« Derrière un rat que vous voyez en plein jour, on peut imaginer une population de 40 individus. »

affirme Annie Bourret, responsable technique Myriad.

« Il ne faut pas tolérer la présence du rat car il est nuisible et peut colporter des maladies. Sans compter les dégâts qu’il peut provoquer. Par ailleurs, l’agriculteur doit être irréprochable sur le plan de la qualité et de la sécurité alimentaire, il doit donc prouver qu’il met en œuvre des moyens de lutte contre cet indésirable »

complète Philippe Mallet, responsable régional anti-nuisibles .

Maryvonne Baudet surenchérit :

« Dans le cadre des procédures qualité comme Agri Confiance, Bovins confiance ou la certification porc, nous devons indiquer quels produits sont utilisés et la fréquence d’utilisation. »

Lieux de passage

Dans le couloir du bâtiment d’élevage porcin, un poste a été déposé non loin du chariot d’aliment et le long du mur, lieu de passage des rongeurs.

En faisant le tour de l’exploitation, l’experte conforte les choix de l’agricultrice pour les emplacements des appâts et lui en conseille d’autres.

« Il faut sélectionner des lieux de passage le long des murs sans pour autant laisser l’appât à disposition d’autres animaux : surtout pas les animaux d’élevage mais il faut aussi penser aux chiens. »

Les principes actifs utilisés actuellement dans les raticides sont des anticoagulants. Le rat meurt affaibli, au bout de trois ou quatre jours. « Le délai de mortalité n’étant pas immédiat, les rats ne font plus le lien de cause à effet. Les rongeurs consomment donc les appâts sans méfiance. Par ailleurs, un antidote existe pour les animaux de la ferme qui l’avaleraient malencontreusement » affirme Annie Bourret.

Le type d’appât, quant à lui, doit être choisi en fonction du lieu. Il faut en choisir un appât très appétent de type pâte ou céréales par exemple dans les élevages où la compétition alimentaire est forte. Dans les lieux humides à l’extérieur, il faudra préférer un appât de type blocs, résistants à l’humidité, pour les talus où l’on peut voir les terriers. Car, contrairement à la souris qui reste sur l’exploitation, le rat, lui fait des allers et retours entre son logis et la ferme.

Postes sécurisés

A l’intérieur du poste d’appâtage sécurisé, un système de broche permet d’insérer plusieurs pâtes, particulièrement appétentes, qui ne pourront pas être sorties par le rongeur.

La société Myriad qui compte un centre de recherche et développement a mis au point un système qui évite la dispersion des appâts et renforce donc la sécurité. Il s’agit de postes sécurisés qui se présentent sous la forme de coffrets en plastique.

Il faut une clé pour les ouvrir afin de sécuriser l’accès aux appâts et il y a deux orifices sur les côtés pour laisser le passage au rat et a fortiori de la souris. Un système de brochettes en métal permet de fixer les appâts sous forme de pâtes dans la boîte. Le rongeur est donc obligé de consommer sur place, ce qui évite la dispersion du produit.

« On pense souvent à tort que si l’appât n’est plus là, c’est qu’il a été consommé. Mais en fait, le rat a la fâcheuse habitude d’emmener ses provisions un peu plus loin ou dans sa tanière. Il stocke. Avec ce système, l’agriculteur est tranquille pour un moment et serein puisque c’est sécurisé »

commente la technicienne.

Chez les Baudet, un poste d’appâtage sera notamment placé dans le vieux bâtiment en pierre qui abrite la Faf et attire inévitablement les rongeurs. « Je ne savais pas trop quoi mettre à cet endroit, je ne voulais surtout pas que les appâts puissent se mélanger à la farine. Avec un poste d’appâtage sécurisé comme celui-là, je serai tranquille désormais » se félicite Maryvonne.

Périodes de reproduction

Le systeme de fermeture du poste d'appatageLe poste d’appâtage sécurisé de Myriad ferme à clé pour plus de sécurité.

A quel moment intervenir dans l’année ? Face aux rongeurs, mieux vaut prévenir que guérir, car il est plus difficile de se battre face à une invasion.

« On a tout intérêt à lutter au quotidien » affirme Jean-Yves Baudet. « La présence des rongeurs autour de l’élevage n’est pas saine et peut causer de nombreux dégâts. Les souris mangent l’isolation par exemple. On peut aussi avoir des soucis électriques et donc des risques d’incendie. Nous, ici, on préfère jouer la sécurité. »

Annie Bourret abonde dans le sens de l’éleveur :

« Il est très difficile d’évaluer le nombre d’individus. Il faut se fier aux indices de présence comme les crottes, les trous, les terriers, les traces de passage. L’idéal est de poser les appâts au début du printemps et aussi début septembre, pendant les périodes de reproduction.

Témoignage de Mme Baudet quelques semaines après…

« Tous les postes ont été visités dans la semaine qui a suivi la pose. La pâte est bien consommée et efficace puisqu’il y a eu rapidement de la mortalité. Les postes d’appâtage sont très pratiques car ils permettent de poser des appâts dans des endroits à risque comme la Faf ou les bâtiments d’élevage où je ne traitais pas auparavant. C’est donc très satisfaisant. Je pense que les postes d’appâtage vont permettre un traitement plus efficace. »