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BOVINS VIANDE

0001La sécurité avant tout

Le risque fait partie du métier d’éleveur de vaches allaitantes. Patrick Quéré à Goulven dans le Finistère a mis en place un système de contention fixe pour sécuriser les interventions humaines au maximum.

Patrick Quéré, à gauche, a fait appel à Pierre Leroy du Culti Vert de Lesneven pour son projet de contention fixe.

 

 

Contention

0002Le quai d’embarquement a été conçu en S avec des murs hauts à l’extérieur de façon à ce que les animaux ne voient pas où ils vont et ne s’affolent pas. Ici, la bétaillère de l’éleveur.

« J’ai eu le déclic l’année dernière avec la vaccination obligatoire contre la FCO. Je me suis dit que je ne pourrais jamais vacciner mes animaux » déclare Patrick Quéré. L’éleveur a des années d’expérience derrière lui et pourtant, il a ressenti le besoin de s’équiper pour garantir sa sécurité mais aussi celle des intervenants extérieurs. « Quand on rentre dans un box, on joue au poker. Le risque fait partie du métier. Pour renforcer la sécurité sur l’élevage, j’ai décidé d’investir » explique Patrick. Au départ, l’idée de l’éleveur était de réaliser un quai d’embarquement et d’ajouter un système de contention fixe avec un couloir le long des 2500 m2 de bâtiments existants. Il a donc fait appel à Pierre Leroy du Culti Vert de Lesneven afin d’élaborer un plan avec son partenaire Pasdelou Galva. Christophe Pasdelou, responsable commercial de la société bretonne basée à Quévert, insiste sur l’étude personnalisée proposée aux éleveurs : « Nous nous déplaçons avec le technicien du Culti Vert pour prendre les mesures et noter les attentes de l’éleveur et ensuite nous lui soumettons un pré-projet avec un plan. Depuis quelque temps, nous proposons aussi un service sur Internet : l’éleveur peut élaborer un projet lui-même grâce à une bibliothèque de pièces. »

Plusieurs avis

0003Chaque barrière est complétée par un système de refuge pour l’éleveur : la barre située au-dessus se déplie et empêche la barrière de se plaquer contre le mur pour laisser un homme se glisser derrière.

A partir de ce projet élaboré en 3D par Pasdelou Galva, Patrick Quéré a sollicité plusieurs avis. « J’ai d’abord assisté à une réunion très intéressante animée par Raymond Barré de la Chambre d’agriculture sur la contention en vaches allaitantes. Le GDS m’a également apporté des conseils. J’ai aussi interrogé le chauffeur qui prend beaucoup de risques lorsqu’il embarque des animaux. Il m’a conseillé de décaler le quai par rapport au bâtiment. Quand on pense qu’on en est encore à utiliser des palettes pour faire embarquer les bêtes, ce n’est pas très sérieux… Les chauffeurs qui viennent livrer de l’aliment sont en droit de refuser la livraison s’ils jugent que le silo n’est pas en état. Les ramasseurs de bêtes, eux, n’ont que le droit de se taire. Et pourtant, il n’y en a pas un qui ne termine sa carrière sans accident… On a aussi demandé l’avis du vétérinaire, de l’inséminateur : tout le monde s’est exprimé sur notre projet. Je pense que c’est important. »

Gain de temps

0004La barrière de poussée circulaire Pasdelou Galva, sans aucun retour possible, est très sécurisante pour l’éleveur.

Aujourd’hui, l’éleveur dispose donc d’un couloir couvert tout au long de sa chaîne de bâtiment qui se termine par le parc de contention fixe qui lui-même donne accès au quai d’embarquement. Le parc est équipé d’une demi-lune circulaire permettant de faire tourner les animaux vers le quai ou vers une cage de contention. Même s’il s’agit d’un investissement lourd pour son exploitation, Patrick est convaincu par le système mis en place. « Je me demande vraiment comment j’ai pu faire auparavant. Aujourd’hui, tout est tellement plus simple pour moi comme pour les autres. Avant, lorsqu’il s’agissait de faire sortir une bête malade, je n’étais jamais tranquille. Maintenant, elle sort tout de suite. Pour le tri des broutards, comme pour le nettoyage de la stabulation, nous avons non seulement gagné en sécurité mais aussi en temps. Et puis, ce qu’on pouvait faire à deux est réalisable désormais tout seul en toute sécurité, c’est appréciable le week-end. Les manipulations lors des vêlages de nuit sont aussi beaucoup plus sûres. » Le nouvel équipement permet aussi à l’éleveur d’assouplir l’organisation du travail et d’effectuer des manipulations lorsqu’il pleut et qu’il ne peut aller dans les champs.

Toréador

0005Le couloir couvert de contention a été conçu en parallèle de la chaîne de bâtiments existants et se termine par le parc de contention.

L’objectif de sécurité dans le travail est atteint par l’éleveur. La barrière de poussée circulaire est très sécurisante : il n’y a pas de retour possible. Patrick a également ajouté derrière chaque barrière un système de refuge. En cas de souci, l’éleveur peut à tout moment se réfugier derrière la barrière fixée au mur. « J’ai vraiment pris conscience de l’état d’insécurité dans lequel nous travaillions avant. Nous prenions trop de risques, comme un toréador dans l’arène. » Malgré le système mis en place, Patrick a été victime d’un accident sérieux en 2009.

 

0005Après avoir fait sortir les animaux par le couloir de contention, l’éleveur les fait passer par le système en demi-lune circulaire qui les envoie soit vers le quai d’embarquement, soit vers la cage de contention, puis le couloir.

« Le seul point qui reste à sécuriser concerne le bouclage des veaux. Je cherche une solution. J’ai été victime d’une bête gentille et qui s’est fâchée lorsque j’ai approché son petit. Personne n’est à l’abri. Au service traumatologie de l’hôpital de la Cavale Blanche à Brest, il y a toujours un éleveur présent. Il faudrait en parler un peu plus… L’administration nous oblige à boucler les veaux dans les 8 jours et nous contrôle avec des jumelles... Idem pour les bêtes qui perdent leurs boucles dehors… Ils ne sont pas conscients des risques que nous prenons ! Un peu de tolérance serait bienvenue. A mon avis, il y a un travail de concertation à faire entre éleveurs, DDEA et MSA sur le sujet. »