La souplesse de la géomembrane

La fosse géomembrane est aujourd’hui une alternative économique et pérenne au classique stockage en fosse bétonnée pour la gestion des effluents d’élevage. Sa fiabilité ne fait plus aucun doute. Elle fait partie des solutions à étudier lors de la mise en conformité d’une exploitation laitière.

Le Dexel de l’exploitation de René Charlo, à Bignan (56), a clairement mis en évidence que la fosse existante en béton de 180 m3 était insuffisante pour stocker l’ensemble des effluents de son troupeau laitier conduit en système « tout lisier ».

Sa mise en conformité a été mûrement réfléchie par l’éleveur.

«Au départ, je pensais faire une fosse en béton. Mais l’investissement s’avérait lourd au regard de la taille de mon cheptel. Je suis allé voir des élevages équipés d’une fosse à géomembrane et le système m’a semblé être un bon compromis technico-économique. »

Mise en œuvre rapide

La géomembraneLa géomembrane a été protégée par deux plaques de béton à l’endroit ou le brasseur sera installé..

Le chantier de la nouvelle fosse est lancé au printemps. Il n’a duré que 4 jours. Dans l’alignement de la fosse existante en béton, le sol a été décaissé sur une surface de 16×16 m et une profondeur de 3 m avec des parois à 45°.

Comme pour les fosses en béton, un drainage avec pose d’un regard de contrôle est réalisé en cas de remontées de nappe phréatique. Des évents sont également placés sur les bords de l’édifice pour permettre l’évacuation des résidus gazeux issus par exemple de la fermentation organique du sol.

Les parois de cette fosse réalisée en pleine terre sont ensuite recouvertes d’un revêtement géotextile pour protéger la géomembrane d’éventuels éléments saillants. L’ensemble est étanchéifié par deux séries de membranes géosynthétiques (PVC ou EPDM) superposées.

Leur résistance aux UV et à l’agressivité des produits à stocker est certifiée (Asqual) et garantie 10 ans. Cette nouvelle fosse, d’une capacité de stockage de 530 m3 devrait permettre à René Charlo d’envisager l’avenir sereinement.

«Mon objectif est d’installer une pompe hacheuse de transfert pour faire le lien entre l’ancienne fosse en béton et la nouvelle à géomembrane. Mais pour l’instant, je vais utiliser la tonne à lisier pour réaliser le transvasement. »

La géomembrane comparée au béton

AVANTAGES

INCONVÉNIENTS

  • Facilité de reprise des effluents
  • Durée de chantier réduite
  • Possibilité et simplicité d’extension de l’ouvrage
  • Emprise au sol importante
  • Volume d’eaux pluviales stocké plus important
  • Peu recommandé pour le lisier peu fluide

La nouvelle fosse à géomembraneLa nouvelle fosse à géomembrane, d’une capacité de 530 m3, va permettre d’augmenter le stockage des effluents (eaux blanches, vertes et brunes) de l’élevage de René Charlo. L’ouvrage va être sécurisé par une clôture de 2 mètres. La géomembrane a été protégée par deux plaques de béton à l’endroit ou le brasseur sera installé.

La légèreté de l’asperseur mobile

Le bassin tampon de sédimentationLe bassin tampon de sédimentation (BTS) permet de décharger les effluents liquide d’une partie de la matière organique en suspension.

L’asperseur mobile est équipement léger et bon marché qui permet l’épandage des effluents peu chargés à tout moment de l’année sur des terres à proximité des bâtiments d’exploitation, sans abîmer le sol comme le ferait une tonne à lisier.

Réaliser une mise aux normes en limitant les investissements, tel était l’objectif de Jean-Yves Matécat, éleveur laitier à Naizin (56).

«Ma fosse en béton était suffisante pour le stockage des eaux brunes, mais il me fallait trouver une solution pour les volumes d’eaux blanches et vertes.»

Lorsque la Chambre d’agriculture lui a présenté le système de bassin de sédimentation avec épandage par asperseur mobile, il a été séduit.

Avec la collaboration de son technicien Cultivert, Alain Bily, Jean-Yves Matécat l’a installé l’automne dernier, à coût réduit, sur son exploitation. Il a construit lui-même le bassin tampon de sédimentation (BTS) en blocs de béton à bancher enduits d’un revêtement étanche.

Effluents décantés

La majeure partie du volume du BTS est destinée à la décantation des effluents. La phase intermédiaire, la plus liquide (entre la croûte et les boues), et la moins chargée en matières en suspension, passe au travers d’un coude plongeant installé à mi-niveau, pour finir dans un bac de stockage. Lorsque ce dernier est plein, Jean-Yves Matécat actionne la pompe de surface pour envoyer ces effluents liquides peu chargés vers l’asperseur mobile situé dans une prairie à proximité.

Le transfert est réalisé par un tuyau semi-rigide en polyéthylène de 63 mm de diamètre, sur une distance de 300 m le long de la parcelle d’épandage. Un embranchement est prévu tous les 30 m pour le flexible qui alimente l’asperseur.

Une mécanique simple

L’asperseur mobileL’asperseur mobile ne remplace pas la traditionnelle tonne à lisier, mais représente une solution complémentaire et économique pour l’épandage des effluents peu chargés, comme les eaux blanches et vertes, sur des parcelles à portée de canalisation.

«L’asperseur mobile est un matériel léger, déplaçable à la main, et de mécanique très simple »,

explique Jean-Yves Matécat.

Sa rampe rotative d’aspersion entraîne un enrouleur dont le câble a été préalablement ancré par l’éleveur à l’extrémité opposée de la parcelle.

L’appareil, installé sur des pneus basse pression, est donc automoteur.

«J’ai la possibilité de modifier la vitesse d’avancement, notamment en fonction de la concentration en azote du liquide à épandre. »

Le système s’arrête automatiquement lorsque l’appareil arrive en bout de parcelle. L’épandage est réalisé sur une quinzaine de mètres de chaque côté de l’appareil qui se déplace lentement d’un bout à l’autre de la prairie (environ 200 m).