La contention, gagner du temps et améliorer sa sécurité !

Pour gagner en praticité et en sécurité, la SCEA Coat-Mez à Guiclan (29) a installé sur son élevage de limousines un système de contention original.

Le parc ou box de contention contient également une cage individuelle pour les interventions.

Jusqu’en 2010, notre troupeau de limousines allaitantes était presque tout le temps à la pâture, explique Olivier Le Bihan.

L’éleveur, associé avec sa femme Bernadette dans une SCEA, poursuit

« pour la prophylaxie, le bouclage, l’embarquement, c’était vraiment la croix et la bannière. Nos deux stabulations n’étaient pas équipées en contention. Il nous fallait alors deux ou trois jours pour intervenir sur le troupeau, avec souvent de belles frayeurs à la clé».

Son fils Fabien, salarié de l’exploitation, enchaîne :

« c’est au moment de la vaccination obligatoire contre la FCO que nous avons décidé d’investir. ça devenait vraiment très compliqué d’intervenir. C’est à cette même période que nous avions lu un article du Paysan Breton qui traitait déjà de la contention. Il citait notamment l’intervention de Cultivert et de Pasdelou Galva chez un éleveur de bovins viande».

Un ancien poulailler

«L’originalité de notre projet, explique Olivier Le Bihan, c’était de vouloir transformer un ancien poulailler en stabulation et d’y installer un système de contention fixe, avec un couloir et un quai d’embarquement. J’ai assisté, poursuit-il, à plusieurs « journées contention ». J’ai visité des installations équipées, mais je n’ai rien vu qui correspondait à notre besoin. Et puis il fallait pouvoir disposer d’un accès facile pour les camions, pour l’embarquement des bêtes».

Sollicitée sur ce projet, la Chambre d’Agriculture a réalisé dans un premier temps des plans pour adapter le système de contention à cet espace très original. L’éleveur a ensuite été mis en relation avec Pierre Leroy, du Cultivert de Lesneven et son partenaire Pasdelou Galva. Ce dernier a réalisé des plans en 3D.

« C’est un moyen pour l’éleveur de visualiser clairement l’installation dans l’espace et d’imaginer la circulation des animaux et des hommes»,

selon Christophe Pasdelou, responsable commercial de Pasdelou Galva .

Pour ce qui est du chantier

« Nous avons installé le système avec mon fils,explique l’éleveur. Le maçon avait auparavant coulé les fondations. Un menuisier est également intervenu pour installer un bardage à claire-voie, pour améliorer la luminosité dans cet ancien poulailler. Il a également élargi et changé la porte d’accès pour permettre le passage d’une bétaillère. »

La contention
L’installation de contention a été adaptée à la structure de l’ancien poulailler.

De 3 jours à 2 heures

L’installation de contention est composée d’un couloir circulaire. Les animaux y passent librement.

« Cela permet de les habituer et de les entraîner à utiliser l’installation. Du coup, ils sont moins stressés lors des interventions. »

Le couloir comporte une cage de contention, qui permet de pratiquer des interventions individuelles sur les animaux ou de les trier. Le système compte également un parc de contention fixe avec une cage pour intervenir sans risque. Ce parc dispose d’un accès direct au quai d’embarquement. L’installation compte également plusieurs passages d’hommes, situés stratégiquement en différents lieux,  pour faciliter la circulation et la sécurité des personnes.

«Avant, nous devions être quatre pour attraper les animaux et il fallait jusqu’à deux ou trois jours pour les grosses interventions. Aujourd’hui, poursuit-il,c’est beaucoup plus facile de boucler le veau dans les box de contention, d’autant plus que nous n’avons que 8 jours pour le faire »

Pour les intervenants extérieurs, comme le vétérinaire, la contention leur permet de gagner en praticité et en sécurité. Idem pour l’embarquement.

«Avant, c’était une opération délicate.Il était parfois presque impossible de rentrer les bêtes dans le camion. Aujourd’hui, une seule personne suffirait presque»,

explique Fabien Le Bihan

La contention
Le parc ou box de contention contient également une cage individuelle pour les interventions.

 

Une vraie différence

Un an après l’installation du nouveau système, Olivier et Fabien Le Bihan font le bilan.

«L’hiver dernier, nous avons vraiment vu la différence. Il nous aurait été difficile de conserver les anciennes stabulations avec le renforcement des contraintes sanitaires. En plus, ces stabulations sont tombées en décembre 2010, avec le poids de la neige. Comme quoi, il était vraiment temps d’investir !»

Au final, les éleveurs économisent du temps, gagnent en sécurité et en capacité de contrôle et d’intervention sur le troupeau.

Quant aux améliorations à apporter au système ?

«Elle sont mineures, selon Fabien Le Bihan : peut-être une barre anti-recul au niveau de la porte de tri et un blocage automatique des portes dans les parcs de contention. Nous devons également améliorer la luminosité et l’aération de la stabulation. »

Une stabulation qui n’a plus grand chose à voir avec le poulailler d’avant.

Une subvention contention ?

  • La SCEA Le Coat-Mez a touché une subvention du GIE Lait Viande pour son projet de contention. Le montant de cette subvention varie selon que l’activité ruminant, soit principale ou secondaire dans l’exploitation. Pour plus d’information, renseignez-vous auprès de votre technicien.

Exploitation

  • SCEA Coat-Mez – Guiclan (29)
  • Elevage de 4 500 dindes repro
  • 25 vaches allaitantes limousines
  • Vente de taurillons
  • 20 ha de SAU dont 4 de maïs fourrager
  • 3 UTH